Édito | Mai 2018

« Je ne revendique rien » me dit-il… « On était mieux quand nous étions cachés » rajoute-t-il. A quelques jours de notre quinzaine arc-en-ciel, à moins d’un mois de la Pride, ces mots ont résonné en moi comme le son étouffé d’un gong fendu. Et s’il avait raison… Et si c’était vraiment mieux avant, quand les LGBT+ formaient une communauté fermée… Un petit club exclusif, couvert de honte mais riche du frisson de la clandestinité…

Et pourtant non… La raison est revenue, balayant ces images romantiques d’un passé embelli par le temps qui passe. Je me suis souvenu des coups, des insultes, de la douleur de l’isolement, des discriminations, des héritages spoliés et bien plus encore. J’en suis convaincu, ils ont eu raison de militer et nous avons raison de continuer. Nous avons peut-être perdu le charme du secret, mais nous avons gagné tout le reste. La Pride, qui arrive le 19 mai prochain, est la preuve éclatante de tout ce qui a changé.

La Pride, c’est aussi le moment de faire le point, de se rendre compte du chemin qui a été parcouru et de celui qui reste à parcourir. Car, quoi qu’en pense celui qui ne revendique rien, tout n’est pas acquis… Certes, les lois sont avec nous… pour la plus grande partie du moins. Certes, nous existons légalement et on ne peut théoriquement plus nous discriminer… Mais les stéréotypes ont la vie dure. Les poches de la société où l’homophobie persiste sont encore nombreuses. Les discriminations sont toujours là… Aujourd’hui, c’est un autre combat qu’il nous faut mener… C’est la société qu’il nous faut réellement transformer.

Cette année, élections locales obligent, le thème de la Pride est précisément celui des pouvoirs locaux. Car nous en sommes convaincus, c’est au plus proche de chacun que l’on peut réellement changer les choses. En menant de petites et grandes actions, les décideur.euse.s peuvent améliorer le quotidien de nombreux.euses citoyen.ne.s. Mais au-delà des décideur.euse.s, ce sont tous les maillons de notre société qu’il faut toucher : l’infirmier, l’enseignante, l’entraîneur et bien d’autres. Chacun peut changer les choses…

Cette année, une fois de plus, votre Maison se coupe en quatre pour vous offrir un programme dense et varié tout au long des semaines Arc-en-Ciel. Un programme où la fête et le sérieux ont leur place. Un programme où militantisme et frivolité se côtoient. Un programme à l’image de notre Maison… Pour et par vous… Homme, femme, trans, noir, blanc, gay, bi, lesbienne etc… Ensemble pour faire changer les choses…

Cyrille Prestianni
Président