Edito juillet 2012 Homophobie

1er mai 2012, un jeune homme disparu à la sortie d’une boîte de nuit à Liège est retrouvé assassiné dans un champ dans la région hutoise. De l’enquête, toujours en cours, il ressort que son homosexualité aurait déclenché la violence de ses trois agresseurs. Au lendemain de cette découverte, de nombreuses personnes ont manifesté leur indignation au cours de deux rassemblements citoyens.

Le 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie, Alliàge, organisateur du second rassemblement, rappelait que cette lutte était encore malheureusement d’actualité ici en Belgique et partout dans le monde.

18 juillet 2012, deux hommes agressés à coups de chaises et de queues de billard à Alost. L’un d’entre eux, dans un état critique, n’est sorti du coma que quelques heures plus tard. Les témoins indiquent que les agresseurs s’en sont pris à eux en apprenant leur homosexualité.

24 juillet 2012, un homme d’une soixantaine d’années est tué à coups de marteau à Liège. L’auteur présumé des faits dit « s’être défendu » face à une « proposition homosexuelle ». On remarquera quand même qu’il portait un marteau à la ceinture.

Ces trois agressions relativement rapprochées dans le temps ne peuvent que rappeler que le cadre législatif, aussi répressif soit-il – et on ne peut que se réjouir des modifications adoptées par le gouvernement fédéral à la veille de la fête nationale – est loin d’être suffisant. Une fois de plus, démonstration est faite que c’est au niveau de la prévention, c’est-à-dire du changement des mentalités que les efforts et les actions doivent se concentrer.

A ce niveau, la modification du décret mission, adoptée ce 11 juillet et incluant l’éducation à la vie affective et sexuelle, est une avancée significative. De plus Arc-en-Ciel Wallonie s’est attachée à la conception d’animations en milieu scolaire.

Mais l’éducation ne doit pas se limiter à l’enseignement. Liège et Charleroi ont décidé de rencontrer les associations LGBT afin de définir des pistes d’actions au niveau local.

A titre individuel, chacun(e) d’entre nous peut, au quotidien, peser dans ce sens: réagir à des « blagues » homophobes racontées par un(e) collègue ou un(e) proche, intervenir (sans se mettre en danger) et dénoncer les agressions plus graves.

Ces deux axes d’actions seront certainement les armes les plus efficaces dans cette lutte. Peu à peu, nous devons inverser la situation et faire en sorte que ce soient les homophobes qui se sentent rejetés et condamnés.

Hugues Hospital, administrateur d’Alliàge asbl